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La phalène

           Au mois d’octobre de cette année-là,

           elle n’a pas su d’où venait, à cet instant précis du jour,

          le moment de se taire.

          C’était une évidence qui conservait une grande part de

          confusion, comme un vent qui soufflerait sur lui-même, en lui,

         et refuserait de disperser sa force.

        Mais chacun la sent et s’en souvient.

        Ainsi les mots restèrent au-dedans.

        Il y eut d’abord un murmure que seul le drap du lit

        entendait, un bruissement des lèvres sur l’étoffe confidente.

       Et rien de plus ne passa par cette bouche écartelée

      qui lentement se refermait comme sur un sourire

      qui s’estompe, grimace et meurt.

     Comme une page qui se tourne.

     Les mots n’ont plus de voix, plus de forme.

    Ils se taisent s’effacent, étonnés tout de même

    de ne plus être si soudainement sollicités.

   Ils s’impatientent un peu, bousculent la pensée,

   se font moins incisifs, moins noirs

  “allons, laisse-nous rendre compte de”.

  Le silence est obstiné.


Extrait de “La phalène”, Léonore Fandol 1993.